En 1925, Jung donne une série de conférence dont le contenu était manifestement biographique, et qui furent publié beaucoup plus tard sous le titre de psychologie analytique. Ces conférences, souvent improvisé et extrêmement personnelle, porter sur les années de fermentation créatrice, qui avait suivi la publication des métamorphoses et la rupture avec Freud. Jung se souvenait d’un moment particulièrement lumineux, vers 1915, lorsqu’il avait eu le sentiment de tenir, enfin les réponses aux questions qu’il avait griffonné à la fin de son manuscrit. L’écriture de son livre lui avait fourni, la « clé » de la mythologie comparative, et, dès lors, il pouvait l’utiliser « pour ouvrir toutes les portes » en matière d’analyse.
Il se rappelait s’être subitement demandé à quoi cela servirait et ce qu’il accomplirait réellement. Il avait déjà écrit un livre sur le mythe du héros et, par extension, sur les mythes des sociétés et des cultures anciennes. Il s’était déjà posé la question de savoir s’il vivait dans une culture possédant, un mythe particulier, et il avait décidé que non. Surtout, l’écriture de ce livre l’avait obligé à admettre que ni lui ni personne ne comprenait vraiment les mécanismes de l’inconscient. « Ces réflexions, écrivit-il, ont formé un noyau central à partir duquel se sont élaborées les idées que j’ai exprimées en partie dans mon livre sur les types. » Les types psychologiques paru en 1921.
Dans le schéma qu’il proposait, les deux notions d’introversion et d’extraversion associées aux quatre fonctions permettait d’obtenir huit types psychologiques possibles. Dans les années qui suivirent la publication du livre, Jung fut régulièrement interrogé sur les raisons qu’il l’avait poussé à proposer un système composé de huit types, dont quatre extravertis et quatre introvertis. « Le fait qu’il y ait quatre fonctions est une réalité empirique », disait-t-il.
« Les quatre fonctions sont un peu comme les quatre points cardinaux. Elles sont toutes aussi arbitraires et tout aussi indispensables. Rien ne nous empêche de faire varier les points cardinaux de quelques degrés, dans un sens où, dans un autre, ou de leur donner des noms différents. Tout cela n’est qu’une question de convention et d’intelligibilité. »
Malheureusement, peu de gens lurent le livre comme le souhaitait Jung, semble-t-il. Alors qu’il était déjà traduit en plusieurs langues, Jung se sentit obligé d’évoquer les « regrettables malentendus », qui en avait fait « un jeu de société pour enfants, et rien de plus. » Il déplorait qu’au sein même de la profession médicale sa typologie ne servît qu’à faire entrer les patients dans les cases d’un système, pour donner à chacun le « conseil » correspondant.
Sa typologie n’était « en aucun cas, une façon de coller une étiquette à première vue », insistait-t-il : « Il ne s’agit pas de physionomie, ni d’un système anthropologique, mais d’une psychologique critique s’efforçant d’ordonner et de définir le processus psychologique apparent comme typiques. »
La valeur première de son livre ne tenait pas seulement à « cette raison évidente, mais beaucoup trop humaine, que tout le monde reste attaché à ses propres idées », disait-il. Il existait « une raison plus objective : ce livre offre un système de comparaison et d’orientation rendant possible ce qui manque depuis longtemps — une psychologie critique. »
La publication des types psychologiques témoignait de la nouvelle attitude de Jung face au monde, celle d’un homme dans « sa totalité psychique. »
Pour plus d’information je vous recommande la lecture du chapitre 18 du livre Jung écrit par Deidre Bair. Ainsi que les types psychologiques de Jung.