Bienvenue dans cette capsule. À la suite de plusieurs échanges, ainsi que des discussions approfondies abordées lors d’ateliers, je vous propose ce podcast un peu spécial. Je pense que cela pourrait aider d’autres personnes en questionnement sur le sujet ou qui rencontrent ces difficultés sans toutefois pouvoir en parler.
Nous allons explorer les motivations et les réflexions qui sous-tendent le désir de s’engager dans un conflit armé, ainsi que les alternatives pacifiques disponibles pour ceux qui sont actuellement sous contrat d’engagement. Je vais essayer d’aborder cela de la manière la plus large et détaillée possible sans toutefois me référer à des exemples individuels précis.
Partie 1 : Les motivations profondes
Tout d’abord, nos motivations peuvent être complexes et mêlées de multiples influences, mais il est essentiel de les examiner avec honnêteté et lucidité. La question à laquelle vous devez répondre le plus honnêtement avant de prendre ce genre de décision est : qu’est-ce qui fait guerre en moi ? La réponse doit venir de l’intérieur de vous-même et ne pas être invoquée sous forme de prétexte, comme pour la justice, pour la liberté, pour la paix. Cela est trop vague, trop imprécis. Non, c’est une réponse qui réside en vous, qui concerne votre propre terrain personnel propice aux conflits. Votre réponse sera unique, personnelle et non toute faite. Elle sera peut-être virulente, brutale, ou même choquante, mais c’est de cela dont il faudra s’occuper ensuite, plutôt que de projeter cela à l’extérieur de vous. Ce qui nous amène à la réflexion suivante.
Partie 2 : La perception de l’ennemi
Comment perçois-tu le camp d’en face, pour ne pas dire l’ennemi ? Les vois-tu comme des êtres humains à part entière, avec leurs propres vies, leurs familles, leurs animaux de compagnie, leurs aspirations, leurs échecs ? Ou bien les déshumanises-tu, les considérant comme des objets ? Les considères-tu simplement comme une masse à abattre ? Ou encore, les perçois-tu comme des personnes responsables de ta situation ou de ta souffrance actuelle ? Une réponse honnête à ces questions est capitale, car elle soulève des enjeux profonds de compassion et d’empathie, ta compassion et ton empathie, ta propre part d’humanité. On pourrait également explorer les facteurs qui ont affecté et influencer ta perception au point de déshumaniser des individus.
Partie 3 : Mes valeurs
On continue. Toujours en ce qui concerne ton individualité, quelles sont tes valeurs fondamentales ? Nos valeurs fondamentales guident nos choix et nos actions. Derrière tout cela se cache la question essentielle : Qui suis-je ? Quelle personne je veux être ? L’objectif est d’entamer une introspection pour y voir plus clair. Répondre à tout cela demande qu’on consacre du temps avec soi-même. Il ne s’agit pas de se convaincre ou de se mentir, mais de s’interroger sur notre place et notre participation dans ce monde.
Partie 4 : Ma responsabilité
Maintenant, cela va également concerner les personnes qui sont nouvellement sous contrat, peut-être même celles qui n’ont pas encore participé à une OPINT ou une OPEX, et qui pourraient être en questionnement ou même perdues dans leur cheminement.
Tout d’abord, posez-vous la question : quel est mon niveau de tolérance à la violence ? Suis-je prêt à accepter les conséquences de mes actes, y compris les pertes humaines et la souffrance, tant dans le camp d’en face que chez les civils innocents ? Ici, ce n’est pas seulement une question éthique ou morale. Interrogez-vous honnêtement une fois de plus sur votre capacité à faire face aux conséquences de vos actions et à assumer la responsabilité de vos choix. Car oui, c’est un choix. Personne ne va vous obliger à partir. On va sûrement essayer de forcer votre choix, c’est vrai. Mais vous restez décisionnaire, même sur un déploiement. Si vous vous laissez porter en disant que vous n’avez pas le choix, okay. Mais la réalité, c’est que vous faites le choix de ne pas choisir, donc vous ne participez pas à votre propre vie, vous subissez mais l’avez choisi.
Partie 5 : Mes choix
Cela nous conduit à la question suivante pour chacun d’entre vous, peut-être qu’elle ne vous est pas venue à l’esprit, particulièrement pour ceux évoluant déjà dans des métiers à haute intensité : Avez-vous exploré toutes les alternatives ? Avez-vous envisagé d’autres options, d’autres métiers, d’autres implications, telles que la médiation ou le travail humanitaire, pour contribuer à la paix et à la résolution des conflits sans recourir à la violence ? L’idée derrière ces questions est de vous encourager à élargir vos perspectives et à considérer les nombreuses possibilités offertes par la diplomatie, la coopération internationale et l’engagement de manière pacifique. Ces alternatives pourraient mieux correspondre à votre personnalité, surtout pour ceux capables d’être sur des terrains difficiles, voire hostiles, ou qui ont besoin d’une forte charge mentale et d’adrénaline. Ici le questionnement ne porte pas vraiment sur votre choix de carrière mais sur l’origine de l’orientation, de l’inclinaison de ce qui fait violence en vous et la manière dont cela se manifeste à travers votre métier ou vos futurs orientation professionnel.
Ce qui nous amène au sujet suivant : l’impact. Suis-je prêt à faire face aux traumatismes (qui peuvent prendre de nombreuses formes, parfois durables), à la culpabilité, aux remords et aux séquelles psychologiques qui peuvent résulter de l’expérience d’un conflit armé, ainsi qu’aux conséquences pour mes proches et ma communauté ? Les conséquences peuvent être dévastatrices, tant sur le plan personnel que collectif, tant sur un plan psychologique que physique. Le but n’est pas e dresser une liste exhaustive de traumatismes, mais de comprendre l’impact au sens premier du terme : se heurter.
Donc cet impact, se heurte, si jamais vous revenez entier, peut-être tout aussi destructeur. On peut revenir à notre première question : Qu’est ce qui fait guerre en moi, qu’est ce qui fait destruction en moi ?
Partie 6 : Moi VS le collectif
Nous pourrions également explorer les dynamiques géopolitiques mondiales qui influent sur les conflits armés, ainsi que les facteurs socioculturels tels que les normes sociales et les représentations médiatiques qui peuvent influencer, voire encourager, les attitudes envers ces conflits armées. Mais ici, ce n’est pas l’objectif principal. Si vous êtes intéressés par cette analyse, je vous invite simplement à étudier les dynamiques géopolitiques mondiales qui jouent un rôle prépondérant dans l’élaboration et la perpétuation des conflits armés. Il est également important de reconnaître le rôle de l’argent et des financements, car comme le dit l’adage, l’argent est le nerf de la guerre. Les flux financiers, qu’ils proviennent de sources nationales ou internationales, peuvent alimenter les conflits en finançant l’achat d’armes, le recrutement de combattants et le financement d’activités militaires. Comprendre ces aspects économiques est également essentiel pour appréhender la complexité des conflits armés à l’échelle mondiale et surtout votre engagement personnel.
Partie 7 : Conclusion
En fin de compte, il est essentiel de se rappeler que le choix vous revient toujours, en tant qu’individu, grâce à votre libre arbitre. Que ce soit dans ce type d’’engagement évoqué ou dans toute autre décision de votre vie, rappelez-vous que vous avez le pouvoir de façonner votre propre destin. Prenez le temps de réfléchir profondément à vos motivations, à vos valeurs et à vos aspirations, et choisissez la voie qui résonne le plus avec votre être intérieur. Si vous ressentez le besoin d’appui ou de soutien, il est important de consulter un professionnel.
Gardez à l’esprit que chaque action que vous entreprenez est le reflet de votre libre choix. Il vous revient de décider si elle est conforme à votre véritable nature.